La Puissance de la Parole de Dieu : Ce Que la Bible Dit d'Elle-Même
Créatrice, qui convainc, impérissable, vivante — ce que l'Écriture revendique quant à sa propre puissance, et pourquoi cela change la manière dont vous la chérissez.
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Nous parlons souvent de la puissance de la Parole de Dieu, mais nous nous arrêtons rarement pour demander quelle sorte de puissance la Bible revendique pour elle-même. L'Écriture n'est-elle qu'un livre sage, plein de bons conseils et de beau langage ? Ou porte-t-elle une force vivante — capable de créer, de convaincre, de guérir et de sauver ? La Bible ne nous laisse pas dans le doute. À travers les deux Testaments, elle décrit sa propre nature en des termes saisissants, et chaque image révèle une puissance bien au-delà de celle des paroles ordinaires.
Pour bien mémoriser l'Écriture, il est utile de savoir ce que l'on tient en main. Un soldat combat autrement lorsqu'il comprend l'arme qu'il manie. Quand vous saisissez ce qu'est réellement la Parole de Dieu — et ce qu'elle fait —, vous la chérissez davantage, vous la cachez avec plus de soin et vous vous appuyez sur elle avec plus d'assurance à l'heure du besoin.
La Parole qui crée
La toute première chose que la Bible nous dit au sujet de la parole de Dieu, c'est qu'elle fait des mondes. Au commencement, la terre était informe et vide, et les ténèbres couvraient la face de l'abîme. Alors Dieu parla.
Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Genèse 1:3 (Louis Segond 1910)
Il n'y eut aucun écart entre l'ordre et la réalité. La Parole n'a pas décrit la lumière ; elle l'a appelée à l'existence. Le psalmiste s'émerveille devant cette même puissance créatrice : « Les cieux ont été faits par la parole de l'Éternel » (Psaume 33:6). Le Dieu qui a fait exister les galaxies par sa parole n'a pas perdu sa voix. Quand sa Parole atteint un cœur mort, elle peut appeler la vie du néant, tout comme elle a appelé la lumière hors des ténèbres. C'est pourquoi la nouvelle naissance est décrite comme le fait de naître de nouveau par la Parole (1 Pierre 1:23). La même puissance qui a fait le monde refait l'âme.
La Parole vivante et efficace
Aucun verset ne décrit peut-être la puissance de l'Écriture de manière plus célèbre que celui de l'épître aux Hébreux. L'auteur ne traite pas la Parole comme un document figé, mais comme quelque chose de vivant, en mouvement, qui opère sur le cœur humain.
Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Hébreux 4:12 (Louis Segond 1910)
Le premier mot que le texte lui applique est vivante. La Parole de Dieu n'est pas de l'encre morte ; elle est vivante et elle agit. Elle tranche plus profondément que n'importe quel raisonnement humain, elle traverse la surface du comportement jusqu'aux motifs cachés qui se trouvent en dessous. C'est pourquoi lire l'Écriture peut être si inconfortable : elle discerne les pensées et les intentions que nous préférerions garder cachées. Mais cette coupure est l'œuvre d'un chirurgien, non d'un boucher. Elle blesse pour guérir, exposant le péché afin que la grâce puisse l'atteindre.
La Parole comme feu et marteau
Par le prophète Jérémie, Dieu compare sa Parole à deux des forces les plus puissantes que connaissait le monde antique.
Ma parole n'est-elle pas comme un feu, dit l'Éternel, et comme un marteau qui brise le roc ? Jérémie 23:29 (Louis Segond 1910)
Le feu consume ce qui est faux et affine ce qui est vrai ; il réchauffe ce qui est froid et donne de la lumière dans l'obscurité.
Le marteau brise ce qui est dur — et il n'y a pas de cœur si dur que la Parole de Dieu ne puisse le briser.
Là où nos raisonnements et nos supplications ne parviennent pas à émouvoir une âme obstinée, la Parole de Dieu frappe avec une force capable de briser la pierre. Ceux qui ont longtemps prié pour un proche endurci peuvent trouver ici du réconfort : le marteau est plus fort que le roc.
La Parole comme semence
Jésus a enseigné que le royaume de Dieu croît comme croît le champ du laboureur — par la semence semée. Dans la parabole du semeur, il l'explique clairement : « La semence, c'est la parole de Dieu » (Luc 8:11). Une graine paraît petite et sans vie, et pourtant elle renferme tout le dessin d'une moisson future. Jetée dans une bonne terre, elle germe sans qu'on la voie, pousse des racines et, en son temps, porte du fruit trente, soixante et cent pour un.
Cette image est un grand encouragement pour quiconque mémorise l'Écriture. Quand vous cachez un verset dans votre cœur, vous semez de la semence dans la meilleure terre que vous ayez. Vous ne verrez peut-être pas de croissance immédiate.
Mais la semence est vivante, et elle fait son œuvre silencieuse sous la surface, jusqu'au jour où — peut-être dans une saison de crise que vous ne pouvez pas encore imaginer — elle éclate en fruit. Rien de ce qui est mémorisé dans la foi n'est jamais perdu.
La Parole comme lampe et lumière
Pour un peuple qui marchait la nuit sur des chemins obscurs, sans lumière électrique, le psalmiste a choisi une image bien appropriée de la conduite de Dieu.
Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. Psaume 119:105 (Louis Segond 1910)
Dans ce monde-là, une lampe n'éclairait que les quelques pas suivants — juste assez pour empêcher le voyageur de trébucher. La Parole de Dieu ne nous montre pas toujours tout le voyage, mais elle éclaire le sol sous nos pieds et le sentier juste devant. Et une lampe, bien sûr, doit être portée. Le voyageur qui laisse sa lampe derrière lui marche dans les ténèbres. La Parole mémorisée est la lampe que nous portons dans chaque vallée obscure.
La Parole qui ne revient pas sans effet
Derrière chaque image se tient une promesse sur l'efficacité de la Parole de Dieu. Elle accomplit toujours son dessein.
Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. Ésaïe 55:11 (Louis Segond 1910)
Les paroles humaines tombent à terre et sont oubliées. Mais la Parole de Dieu, comme la pluie et la neige qui arrosent la terre avant de retourner au ciel, fait toujours d'abord son œuvre. Quand vous proclamez l'Écriture sur vos craintes, que vous la partagez avec un ami ou que vous la prêchez à une assemblée, vous ne faites pas que donner un avis. Vous relâchez une Parole dont Dieu a promis qu'elle ne reviendra pas sans effet.
La Parole qui juge et qui sauve
L'Écriture décrit sa propre puissance avec un solennel double tranchant. La même Parole qui console confronte aussi ; la même Parole qui sauve juge aussi. Notre Seigneur a dit que les paroles qu'il a prononcées seraient elles-mêmes la mesure selon laquelle les hommes seront jugés : « la parole que j'ai annoncée, c'est elle qui le jugera au dernier jour » (Jean 12:48). C'est un rappel solennel que la Parole de Dieu n'est jamais neutre. Elle fait quelque chose à quiconque l'entend, adoucissant ou endurcissant, sauvant ou condamnant.
Pourtant, le témoignage écrasant de l'Écriture est que Dieu envoie sa Parole pour sauver. Jacques nous exhorte à recevoir avec douceur « la parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes » (Jacques 1:21). Paul rappelle à Timothée que les saintes Écritures peuvent nous rendre « sages à salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Timothée 3:15). La puissance que nous manions lorsque nous prenons la Parole est, en son cœur, une puissance qui sauve — puissance de rendre la vie aux âmes mortes et de garder les vivants près de Dieu.
Quand nous saisissons cela, la mémorisation cesse d'être un fardeau pour devenir un émerveillement. Nous ne classons pas des phrases ; nous emmagasinons une Parole chargée de la puissance même de Dieu, capable de nous sauver, de nous sanctifier et de nous soutenir jusqu'à la fin.
Pourquoi cela change notre manière de mémoriser
Si la Parole de Dieu n'offrait que de bons conseils, nous pourrions la classer avec d'autres informations utiles. Mais l'Écriture n'est rien de tel. Elle est vivante et efficace, créatrice et dévorante, un feu et un marteau, une semence et une lampe, et elle ne manque jamais d'accomplir le dessein de Dieu. Tenir une telle Parole, c'est tenir une puissance — non une puissance que nous maîtrisons, mais une puissance qui vient de Dieu et qui accomplit la volonté de Dieu.
C'est la raison la plus profonde de mémoriser. Nous ne remplissons pas notre esprit de données ; nous emmagasinons de la semence vivante, nous portons une lampe, nous gardons une épée à portée de main. Le croyant qui cache la Parole de Dieu porte avec lui quelque chose de plus puissant que tout bien que le monde puisse offrir. Et le Dieu qui a fait jaillir la lumière des ténèbres se tient prêt à opérer cette même puissance à travers les versets que nous cachons dans nos cœurs.
Take Root existe pour vous aider à porter cette puissance avec vous — non sur une étagère, mais dans le cœur, où elle est toujours prête à faire ce pour quoi Dieu l'envoie.